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Portraits |
Nicole
Deigna :L’amour et l’avenir des
enfants dépassent les clivages entre cultures( Pour écouter la 2e partie de l'émission consacrée à Nicole Deigna : positionner le curseur d'écoute à la moitié de son parcours ) Elan :émission du 29/04/2007 "Zoom sur deux femmes africaines engagées" Par Olivier Da Lage, Benson Diakité Ivoirienne, mère de 3 enfants, pharmacienne en France, experte toxicologue au Tribunal d’Abidjan. Elle est vice-présidente du Conseil Economique et Social et Présidente fondatrice de l'Association Repères . Elle poursuit son action en faveur des femmes pour que celles-ci soient vraiment acteurs du développement de leur pays. "Comme vous le savez, la Côte d’Ivoire traverse une crise sans précédent depuis septembre 2002 et des milliers de familles qui ont tout perdu, êtres chers et biens, survivent dans une extrême détresse, dans la méfiance et parfois l’agressivité, des comportements nouveaux développés devant cette terreur qui nous a été imposée de vivre avec l’usage des armes. Mais le peuple ivoirien demeure hospitalier et la Côte d’Ivoire ne peut échapper à son destin de terre d’accueil et d’espérance. Rappelons que la CI compte 60 à 100 ethnies et des sous-groupes internes, une présence de plus de 30% de communautés étrangères. C’est le taux le plus élevé dans le monde. Une réalité qui ne facilite pas le vivre ensemble dans un contexte de crise. Une réalité qui suscite l’engagement des jeunes. L’un d’entre eux, animateur culturel a réalisé un sketch. Voici l’histoire vécue : « Dans un village, la communauté est divisée à cause de la politique. Les partisans de Zomanin et de Magatapé ne s’entendent pas au point de mettre en péril la cohésion sociale. Face à cette menace, les femmes du dit village qui se retrouvent tous les matins à la source pour ramener de l’eau potable et « au marigot » pour laver le linge, trouvent une solution. Elles décident de ne pas partager la même natte que leurs maris pendant une semaine et de rester malgré tout coquettes. Décision d’abord prise à la légère par les hommes, mais les femmes tiennent bon et le font bien comprendre avec finesse et détermination. Ce qui suscite une plus grande hostilité dans les deux camps. Dimanche, les états major vont se concerter sous l’arbre à palabres. Les femmes se passent le mot et décident de faire la cuisine ensemble à l’insu de leurs maris. Une déléguée dans chaque camp va assurer le service. Les plats sont délictueux et fort appréciés dans les deux camps. Les déléguées en profitent pour rétablir la vérité. Dans le camp Zomanin, ils apprennent ceci : « vous avez mangé dans la main des Magatapé » et chez les Magatapé, « vous avez mangé la nourriture des Zomanin ». Surprise désagréable - réaction de rejet - mais les autres femmes rejoignent vite leurs déléguées et chacune interpelle son mari sur sa responsabilité de rétablir la paix. Ils sont suffisamment affaiblis par la solidarité de leurs épouses. Cette histoire n’a que trop duré. Ils ne tiennent pas à menacer l’harmonie familiale. Alors ils font la paix." Voilà un exemple parmi tant d'autres du rôle que chacun à tous les niveaux peut avoir pour retisser les liens entre les personnes. |
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Isabelle
Stofer:
Les mères : une chaîne de solidarité au
service de la société.Péruvienne, mariée, trois enfants, Isabelle est née dans une famille d’enseignants qui a beaucoup travaillé pour l’éducation publique. Sollicitée par une école de sa ville natale, elle a créé avec des mères péruviennes et françaises l’association ADES PEROU dédiée à l’éducation, qu’elle préside et qui donne priorité aux projets dans lesquels les parents d’élèves s’impliquent personnellement. Je vais vous relater l’expérience d’une petite association que j’ai fondée il y a bientôt 6 ans à Paris, qui œuvre pour le bénéfice d’établissements d’enseignement dans ma région natale, la Haute Amazonie péruvienne, une région tropicale, où il fait toujours chaud, où les gens sont d’un contact facile, de nature plutôt joyeuse, mais où il y a aussi beaucoup de pauvreté. En 2000, j’ai reçu un appel à l’aide d’une école primaire de ma ville natale de Tarapoto. Je suis péruvienne mais j’habite en France. Que pouvais-je faire pour cette école alors que je suis si loin ? J’ai réfléchi et aussi, j’en ai beaucoup parlé à d’autres amies, elles aussi mères de famille. A plusieurs, les bonnes idées voient le jour ; l’union fait la force. Elles m’ont encouragée à créer une association. Dès le début, plusieurs mères se sont engagée à mes côtés : des françaises, des péruviennes, des canadiennes, des mexicaines ! C’était le début d’une expérience passionnante parce qu’elle montre qu’une chaîne de solidarité entre mères du monde, c’est possible ! Une des clés du succès de l’action humanitaire – vous le savez - c’est de connaître les lieux où on intervient et de disposer de personnes de pleine confiance. Je me suis assurée du soutien d’un groupe de mères de famille (au Pérou ) et notamment celui de Flor Paulinich.- toutes très conscientes des enjeux de l’éducation pour les enfants de la région. J’ai deux amies du lycée – mères également - vivant aujourd’hui à Lima que j’ai enrôlées aussi. Voilà les personnes de confiance sur lesquelles nous nous appuyons !. Nous intervenons dans des écoles et collèges publics existants, dans des quartiers défavorisés ou des zones rurales isolées, ayant des moyens très insuffisants. • Nous soutenons des projets de développement et d’équipement d’établissements scolaires. Pourquoi ? Parce que c’est vital pour un pays d’avoir des enfants bien scolarisés, qui deviennent des citoyens responsables et capables de contribuer efficacement au développement social et économique de leur pays. Cela aussi, c’est une manière de travailler pour la paix. Le meilleur moyen d’y contribuer ? Y associer les parents de manière très active. Les deux exemples qui suivent vont vous le montrer Tout d’abord, voici l’Ecole-collège Juanita del Carmen Sanchez : dans cet établissement dans un faubourg de ville, beaucoup d’enfants arrêtent leur cursus au terme de l’école primaire, car les parents manquent de ressources pour assumer les modestes coûts du collège public associé. Par contre, si sur place, on construisait des salles de classe supplémentaires pour démarrer un collège, alors ces enfants continueraient plus naturellement leurs études en secondaire. Avec l’accord enthousiaste des parents d’élèves, nous avons décidé de financer la construction de 3 salles de classe, dont une serait consacrée à un atelier de préapprentissage des métiers de la couture. Comment se manifeste cette mobilisation des parents ? Les mères de famille ont organisé à plusieurs reprises des kermesses, pour générer quelques ressources, et avec quelques soutiens ont réussi à financer l’essentiel de cette nouvelle construction ; pour terminer sans retard, ils sont venus demander l’aide d’ADES pour la toiture. Ecole-collège Isaac Newton : Ce sont des mères de famille également qui assurent la cantine de leurs enfants en faisant cuire le plat unique. Chaque jour, ce sont 4 mères, à tour de rôle, qui assurent ce service à des enfants, venant de maisons très dispersées, parfois à plus de 6 km, et qui viennent et repartent à pied. Le souhait des mères était aussi de voir facilitée leur rude tâche de préparation des aliments, et le nôtre d’améliorer l’hygiène de l’ensemble. ADES a donc financé les matériaux pour construire un réfectoire et une cuisine et l’encadrement du chantier. Les pères ont fourni la main d’œuvre pour monter les murs, pendant les vacances scolaires et les mères ont préparé les repas pendant le chantier. Le travail à réaliser est sans limite, mais je peux vous assurer que c’est un encouragement à continuer de voir la joie des enfants et des mères de famille lors des inaugurations des travaux réalisés et plus tard de voir que ce qui a été fait est bien entretenu – que les enfants s’épanouissent et sont heureux d’apprendre. N’est ce pas là le souhait de toute mère ? N’oublions jamais que la mère unit, rassemble". |
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Fatima Hassar Elle précise que son environnement familial y est pour beaucoup : "ma
famille a toujours pris part à la vie politique et sociale : nous
devions nous former pour préparer la décolonisation à laquelle nous
aspirions". Dans sa conversation, une référence revient souvent : celle
de sa grand-mère qui l'a profondément marquée et dont elle parle avec
beaucoup de chaleur et de gratitude : une femme extraordinaire, dont le
sens du service des autres a rayonné sur toute sa famille et notamment
ses petits enfants. "Nous apprenions à donner ce que nous avions reçu. "
Tout naturellement elle a donc commencé à militer au sein du Parti de
l'Istiqlal, gravissant tous les échelons pour devenir l'une des deux
premières femmes, membres du Comité Exécutif : "je militais en
particulier pour que les femmes aient le droit de vote et puissent
voter", dit-elle de ces années là. Elle soutient aussi son mari qui est
élu député. |