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> Le Comité des ministres du Conseil de l'Europe a adopté le 13 décembre 2006, une recommandation à l'attention des États membres afin d'encourager une " parentalité positive ".   Le Conseil de l'Europe recommande une politique familiale active

Le Comité des ministres du Conseil de l'Europe a adopté le 13 décembre dernier, une recommandation à l'attention des États membres afin d'encourager une " parentalité positive ". Le Conseil de l'Europe incite ainsi les États à reconnaître " l'importance des responsabilités parentales et la nécessité de fournir aux parents, un soutien suffisant pour l'exercice de ces responsabilités ".
Il est recommandé aux États de prendre toutes les mesures appropriées (législatives, administratives, financières notamment) afin d'élaborer une véritable politique en faveur des familles (fiscalité, prestations familiales, aménagement des horaires de travail, congés parentaux, infrastructures d'accueil des enfants). La recommandation entend aussi promouvoir un comportement parental fondé sur l'intérêt supérieur de l'enfant, qui vise à l'élever et à le responsabiliser.
Dans cet optique, l'État doit fournir des services pour soutenir les parents (centres et services locaux d'information et d'assistance aux parents, lignes téléphoniques d'aide, programmes éducatifs et de soutien pour les parents, pendant la grossesse et lors des différentes phases de développement de l'enfant, services et programmes pour des populations à risque comme les migrants ou les Roms, services de protection de l'enfance et organismes de protection des droits de l'enfant). Enfin, l'existence de soutiens spécifiques pour les parents à risque d'exclusion sociale (logements, soins médicaux, aide légale et psychologique, activité après l'école, accès aux équipements éducatifs et de loisirs, soutien scolaire) est préconisée.

 
     
> Un rapport de l'UNICEF met en évidence le rôle des mères pour briser le cercle de la pauvreté

  Quand les femmes ont droit à la parole, le budget consacré aux enfants, à la santé et à l’éducation augmente.

Dans son dernier rapport publié le 11 décembre 2006, l’UNICEF met en évidence le rôle des mères pour briser le cercle de la pauvreté. Sur les 30 pays étudiés, les femmes peuvent intervenir dans les décisions du ménage dans seulement dix d’entre eux. L’expérience montre que lorsque les mères ont droit à la parole, la part du budget familial consacré à la santé et l’éducation des enfants augmente, or ces dépenses sont des éléments essentiels dans la lutte contre la pauvreté. Dans le monde en développement un enfant sur quatre de moins de 5 ans souffre de sous alimentation.

Une enquête menée dans 3 régions du monde (Amérique Latine, Asie du Sud et Afrique subsaharienne) par l’Institut international de recherche sur la politique de l’alimentation établit un lien très clair entre la nourriture dont dispose les enfants et le pouvoir de décision des mères. Quand le revenu des femmes augmente, le surplus est utilisé pour améliorer l’alimentation des enfants. Contrairement aux idées reçues, les foyers monoparentaux où la mère est seule à s’occuper de la famille ne sont pas forcément les plus pauvres et ils offrent davantage de soins et d’attention aux enfants ? Le rapport rappelle toutefois la place essentielle du père dans le développement affectif physique et intellectuel de l’enfant.

Le rapport souligne deux autres points : l’importance des réseaux sociaux des femmes entre elles qui permettent d’améliorer leur sort et le bien fondé de la participation des femmes à la négociation d’accords de paix. Lors des accords de paix au Burundi, des représentantes d’associations de femmes ont été invitées à Arusha, mais elles ont du se cotiser pour financer le trajet en taxi qui a duré trois jours alors que les hommes étaient transporté gratuitement en avion en une heure.

Etat de l’enfance dans le monde 2007/Femmes et enfants, les doubles dividendes de l’égalité des sexes. UNICEF
 
     
> Le Pérou mise sur les mères de famille pour combattre l'extrême pauvreté

  Le Pérou mise sur les mères de famille pour combattre l'extrême pauvreté

Au Pérou, l'Etat a mis en place un programme nommé Juntos , c'est à dire ensemble, pour lutter contre la pauvreté. Son originalité est qu'il s'appuie sur les mères de famille d'enfants de moins de 14 ans et les femmes enceintes parmi les plus pauvres du pays.

Les autorités sont convaincues que les femmes sont plus responsables et mettront tout en oeuvre pour leurs enfants. Chaque mois, pendant quatre ans, elles recevront 100 sols directement en mains propres et en liquide. En signant un contrat avec l'Etat, la mère s'engage à respecter certains devoirs envers ses enfants et à se rapprocher des services publics. Elles doit ainsi effectuer deux contrôles prénataux et postnataux, accompagner les petits à l'école en s'assurant de leur assiduité, leur acheter le matériel scolaire nécessaire, améliorer l'alimentation du foyer, suivre des cours d'alphabétisation, faire vacciner toute sa famille...

Près de 60 000 foyers devraient toucher l'aide d'ici la fin de l'année 2005. Les régions les plus rurales et celles qui ont particulièrement souffert du terrorisme et de la violence seront prioritaires. Des expériences similaires existent déjà au Mexique, au Chili et au Brésil.
     
> Un rapport des Nations Unies sur les femmes migrantes

  Un rapport des Nations Unies sur les femmes migrantes
Dans son rapport 2006 le Fonds des Nations Unies pour la population demande une meilleure protection pour les femmes migrantes.

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à immigrer, elles représentent presque la moitié des migrants, soit 95 millions sur 191. Pourtant leur contribution économique est négligée et leurs besoins méconnus.

Elles envoient généralement à leur famille une proportion beaucoup plus élevée de leurs gains même s’ils sont plus modestes que ceux des hommes.

L’UNFPA s’inquiète des fuites de cerveaux des pays en voie de développement, notamment d’Afrique. Les infirmières, sages-femmes et médecins sont de plus en plus nombreuses à partir vers les pays riches.

Le rapport dénonce surtout les risques encourues par ces femmes : exploitation des employées de maison, conditions de travail infernales pour des ouvrières, esclavage des femmes victimes de la traite. Chaque année 600 000 à 800 000 êtres humains dont 80% de femmes sont emmenés hors de leur pays par des trafiquants. Elles sont les premières touchées par la séropositivité.
     
> Parents, on vous aide !

05/12/2006
  Parents, on vous aide !
L'aide aux parents entre dans les mœurs... et la campagne électorale. Face à l'angoisse de la "parentalité", les groupes de parole font le plein.

Mais des stages payants aux associations organisant des groupes de parole, il y a de tout - et le plus difficile est de s'y retrouver.


Franck LEFEBVRE - le 05/12/2006 - 13h39


Dur, dur d'être parents. On le savait depuis Dolto, mais aujourd'hui, même les politiques s'en mêlent. Leur sollicitude est redoutable. Nicolas Sarkozy se préoccupe des parents de mineurs délinquants, des mères isolées et des "orphelins de 16h30". Ségolène Royal évoque des "stages de parentalité obligatoires" pour parents supposés défaillants. Des discours derrière lesquels se dessinent, en filigrane, des portraits de pères et de mères hors du coup, voire démissionnaires. Qu'il faut aider, mais aussi encadrer, peut-être sanctionner.

Matraqués d'interdits et d'injonctions, les parents ne savent plus à quel psychiatre se vouer. Comment élever son enfant ? Les ouvrages de spécialistes remplissent les librairies, Europe 1 a confié une émission au pédopsychiatre Marcel Rufo, Super Nanny vole au secours des familles en crise sur M6, et sur internet, happyparents.com propose du coaching par téléphone. Besoin de conseils, mais surtout d'une oreille bienveillante ? Les parents déboussolés peuvent se rabattre sur les nombreux "stages" payants qui fleurissent sur cette angoisse moderne. Mais il existe aussi beaucoup d'associations pour permettre aux parents d'échanger, quel que soit l'âge de leurs enfants : des plus petits aux ados en crise.

Des réponses à des problèmes très concrets

Certaines sont dans la place depuis des décennies. Telle la Fédération nationale des Ecoles des parents et des éducateurs. La section française du Mouvement Mondial des Mères a aussi monté des groupes de parole, avec des méthodes inspirées du coaching d'entreprise. "Nous voulions intervenir auprès de mères de toutes origines socio-culturelles, leur permettre d'être écoutées, d'échanger sans être jugées", résume Isabelle de Rambuteau, présidente de la section française du MMM. Un échange permettant tout à la fois de rompre la sensation d'isolement des parents face à la pression sociale, de réaliser que d'autres se posent les mêmes questions et ont des réponses à des problèmes très concrets d'autorité, de respect...

Résultat : des mères en crise regonflées à bloc, un dialogue rétabli dans les familles. Mais "il faut être inventif", assure Isabelle de Rambuteau. Démonstration avec une participante, qui s'est munie pour ses enfants d'une "boîte à gros mots". Quand la boîte est ouverte, toutes les grossièretés sont permises. Puis, la maman ferme la boîte, la pose sur l'appui de la fenêtre... et attend pour la rouvrir le passage d'un avion qui emportera les gros mots avec lui. Une autre a confectionné une "boîte à rêves", à ouvrir en famille.

Sur la seule capitale, plusieurs dizaines d'associations organisant de telles rencontres sont financées dans le cadre du REAAP de Paris (Réseau d'Ecoute, d'Appui et d'Accompagnement des Parents). Brigitte Bansat-Le Heuzey, chef du service vie familiale et droit des personnes à la Ddass de Paris, évoque "un rythme de croisière de 90 projets sur 66-70 structures associatives ou centres sociaux". Avec un credo : financer le plus largement possible, sans viser particulièrement des quartiers ou des populations défavorisés. "Les REAAP ne s'adressent pas qu'à des parents qui ont des problèmes, qui ne "savent pas faire" : ils s'adressent à tous", résume Mme Denisot, de la Ddass de Paris. Une philosophie novatrice qui était au cœur de la circulaire de mars 1999 créant les REAAP... lorsque Ségolène Royal était en charge de la politique de la famille : plutôt que de se concentrer sur la prévention de la délinquance, elle privilégiait la valorisation du rôle des parents.

De la politique de la Famille aux discours de campagne, l'évolution de Royal

Mais financer ne suffit pas : "l'information est morcelée", regrette Dominique Duparc, directrice de l'Association Jeunesse de Saint-Vincent-de-Paul (1). "Il faut trouver la bonne porte". Même constat pour Isabelle de Rambuteau : "Il existe plein de choses, mais il faut faire les démarches. Des mères qui travaillent n'ont pas le temps". D'où le besoin, selon elle, de groupes de parole "à portée de poussette".

Inventer des solutions pour dialoguer : tout est là, puisqu' être parents ne va plus de soi. "Tout le système de pensée bâti sur le "baby-boom", quand une jeune mère pouvait cesser de travailler et reprendre sa vie professionnelle à 40 ans, que les enfants avaient toujours un de leurs parents à la maison, est dépassé", résume Brigitte Bansat-Le Heuzey. "Même des parents socialement favorisés peuvent être désemparés par les réactions de leur enfant". Du coup, "ça ne choque personne aujourd'hui de voir des parents du XVIe arrondissement dans un groupe de parole".

Les parents les plus fragiles sont, certes, les plus démunis socialement. "J'en vois beaucoup qui souffrent surtout de ne pas pouvoir acheter à leurs enfants tout ce dont ils rêvent et qu'ont leurs copains de classe", témoigne Guillaume May, directeur d'Alphabet Familles. "Elles en pleurent la nuit, les mamans". Pourtant, "même dans des familles aisées, on voit de grandes misères", souligne Isabelle de Rambuteau. "C'était le cas d'une mère séparée qui se plaignait de ne plus pouvoir faire travailler ses enfants, parce que leur père leur donnait de l'argent. Il y avait dans le même groupe de parole une mère habitant dans une cité dont le fils était handicapé... et qu'elle n'avait aucun mal à faire travailler. Elles se sont mises à échanger. Et la mère de la cité à donner ses solutions".

(1) Association Jeunesse de Saint-Vincent-de-Paul, 12, rue Bossuet, 75010 Paris. 01 48 78 61 01. mjle12@wanadoo.fr
- Pour connaître toutes les associations financées par le REAAP de Paris, cliquer ici.