|
|
Démographie, la
Commission européenne décidée à s’impliquer
Après la publication d'un livre vert intitulé:
" Face aux changements démographiques : une nouvelle solidarité
entre les générations",
la commission européenne avait réunie des experts de toute l'Europe
à Bruxelles, les 11 et 12 juillet sur ce thème
En avril dernier, dans un livre vert, la commission
pour la première fois posait clairement les problèmes que l’Europe
va devoir affronter alors que son taux de fécondité est de 1.2 et
que les personnes de plus de 65 ans vont passer de 17 à 30 % de la
population totale d’ici 2040. C’était une manière de s’interroger
sur la place que les institutions européennes pourraient jouer à
l’avenir pour affronter ces problèmes.
Les 11 et 12 juillet une conférence s’est tenue à Bruxelles
sur les thèmes soulevés par le livre vert. Organisée par la
Direction générale de l’Emploi, des Affaires sociales et de l’Egalité
des chances, et plus particulièrement la Sous-Direction Protection
sociale et intégration sociale, elle a mobilisé la présence de
plusieurs commissaires dont M.Vladimir SPIDLA, Commissaire pour
l’Emploi, les Affaires sociales et l’Egalité des chances, celle de
plusieurs directeurs et d’un grand nombre de ministres et d’experts
venus de toute l’Europe. Le MMM était invité an titre de ses travaux
sur la conciliation vie familiale et vie professionnelle et en tant
qu’association de mères.
Quatre questions ont été abordées : la conciliation vie
familiale vie professionnelle, la promotion du vieillissement actif,
la promotion et l’amélioration de l’intégration des migrants et la
natalité comme enjeu possible des politiques publiques.
Aujourd’hui tout en souhaitant respecter le principe de
subsidiarité, car les politiques familiales relèvent d’abord des
Etats, l’Europe semble déterminée à s’impliquer davantage sur ces
questions car il y a urgence.
Parmi les principaux constats et souhaits émis de lors de
cette conférence, nous en avons retenus plusieurs :
Il est nécessaire d’instaurer un mainstreaming familial,
c'est-à-dire que le fait familial soit pris en compte, décliné dans
toutes les politiques publiques.
Pour avoir un effet sur la fécondité, les politiques familiales
doivent être stables et inscrites dans la durée.
Celles–ci doivent être globales, c'est-à-dire concerner aussi bien
les modes de garde, les prestations familiales que le logement ou
l’aménagement du temps de travail.
Il a été souligné la nécessite de mieux analyser le désir ou le non
désir d’enfant. Le désir d’enfant est estimé à 2.2 en Europe, il est
de 2.5 en France.
En matière d’aide à la conciliation, chaque pays a, plus ou moins
développé ses propres solutions. Il ne s’agit pas d’avoir un système
unique mais de mieux faire connaître ce qui a réussi. L’Union
pourrait financer des expériences innovantes.
Il a été reconnu que les carrières des femmes pouvaient ne pas être
rectilignes, mais fonction des phases de leur vie, et que le
management des entreprises devaient en tenir compte. Au-delà c’est
une nouvelle organisation du temps de travail et des solutions
innovantes qui doivent être imaginées.
La question des carrières et de l’activité professionnelle doit être
pensée sur la durée de la vie qui est de plus en plus longue, ainsi
il a été vivement souhaité que le travail des seniors soit
encouragé.
La prise en compte du travail non rémunéré, effectué notamment
auprès des enfants, des personnes âgées, handicapées ou malades et
majoritairement par les femmes a été demandée, notamment par la
Présidente de la Commission des droits des femmes au Parlement, Mme
Zaborska.
L’injustice que représente la faiblesse des retraites des mères a
été soulignée.
Ce qu’a demandé le MMM :
Que soit repensé l’organisation du temps de travail tout au long de
la vie pour faciliter la conciliation.
Que soit mieux analysé le désir d’enfant
Que soit pris en compte dans tous les indicateurs le travail non
rémunéré.
En conclusion, cette conférence, première étape du processus de
réflexion entamé par le livre vert est de bonne augure. Elle
prend en compte le défi démographique et l’importance des politiques
familiales pour le relever et un certain nombre de nos positions.
Il est intéressant de noter que les pays de l’Est étaient très
présents, eux qui ont vu leur politique familiale démantelée après
la chute du mur et par là même leur taux de fécondité. Certains pays
particulièrement concernés étaient absents comme l’Allemagne ou
l’Espagne, et si les associations familiales étaient bien
représentées, les associations féministes l’étaient très peu.
|
|