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Le MMM participe à la réflexion menée par l'Union européenne sur les implications des changements  démographiques
La politique mise en place en France
Encourager la conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle,
un enjeu pour les femmes, pour les familles et pour la société

La position du MMM

Les enjeux :
Le travail salarié des femmes a connu une augmentation très importante ces dernières années dans les sociétés occidentales. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à avoir une solide formation professionnelle ou un niveau élevé d’études et souhaitent légitimement exercer une vie professionnelle et faire carrière. Cette aspiration   ne doit pas décourager celles qui le souhaitent d’avoir des enfants ; non seulement parce que fonder une famille est un droit fondamental que la société doit faciliter mais parce que le travail des femmes est créateur de richesses et d’emploi.  
Exercer une activité professionnelle est aussi un impératif pour beaucoup et en particulier pour les familles les plus démunies,  et pour les parents qui élèvent seuls leurs enfants.  
Parallèlement, le travail parental  au foyer est aussi d’un apport précieux dans nos sociétés tant auprès des enfants, qu’en tant que créateur de lien social dans les quartiers, dans les écoles et les associations où elles dont fortement engagées. Ce travail doit être mieux reconnu et valorisé.
Nous constatons enfin que les pays qui ont su mettre en place une politique active pour aider les parents en général et les  femmes en particulier à travailler tout en élevant leurs enfants ont pu maintenir des taux de fécondité satisfaisant, c’est le cas des pays scandinaves,  ou de la  France par exemple. Au contraire les pays qui ont occulté ce problème en obligeant les femmes à choisir entre travailler et avoir des enfants en restant au foyer ont subi une chute impressionnante de leur taux de fécondité comme en Italie, en Espagne, et depuis longtemps en Allemagne. Au delà des conséquences  démographiques, il faut d’ailleurs s’interroger sur la place qui est faite aux femmes dans la société et dans la vie professionnelle et publique dans ces pays. L’augmentation du niveau de vie dans bon nombre de pays européens a conduit de plus en plus d’hommes et de femmes à arbitrer pour leur confort de vie au détriment de la fondation d’une famille source de charges.
La conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle est donc devenu un sujet de société, un enjeu démographique et d’égalité entre les hommes et les femmes.  
C’est une question qui concerne de fait, majoritairement les femmes car ce sont elles qui sont ou non pénalisées par le fait d’avoir des enfants, ce sont elles qui assument la majorité des tâches éducatives et domestiques, ce sont elles qui constituent la majorité des foyers monoparentaux. Pourtant la conciliation ne pourra se faire sans les pères. Il est important, aussi bien pour les enfants que pour les femmes, que ceux ci remplissent pleinement leur rôle, complémentaire de celui des mères et assument aussi leur part de charges.  
Il nous semble déterminant en abordant ce sujet de préciser combien une politique visant à permettre la conciliation vie familiale et vie professionnelle doit être, la plus complète et la plus large possible, et respectueuse des choix des parents. Il n’existe en effet pas de modèle familial en la matière. Chaque famille doit pouvoir choisir en fonction de ses propres choix, de sa situation et de son évolution au cours du temps.  
La vie et les contraintes des parents et surtout des mères sont très variables selon leur origine sociale, leur situation maritale, leur niveau d’études, l’origine et la situation professionnelle de leur conjoint, le nombre d’enfants élevés au sein de la famille, la présence d’enfants malades ou handicapés ou même d’adultes malades, âgés ou handicapés dans l’entourage proche, leur résistance physique et nerveuse.  
De plus, la plupart des mères n’ont pas une vie  rectiligne mais faites de séquences de vie.
Certaines travaillent beaucoup avant d’avoir des enfants, d’autres n’ont jamais travaillé, certaines continuent après la naissance du premier, allègent leur temps de travail après le second, s’arrêtent quelques années, reprennent, d’autres ne s’arrêtent jamais…A ceci s’ajoutent les évènements heureux ou difficiles qui ont des implications sur les choix faits et nécessitent des adaptations: périodes de chômage de l’un ou des deux conjoints, maladie, divorce, veuvage…
Nous estimons donc que toute politique visant à faciliter la conciliation vie familiale et vie professionnelle doit s’articuler autour de trois objectifs :
 
Encourager le souhait de tous les parents d’avoir le nombre d’enfants qu’ils désirent,  
Respecter le choix des parents de continuer à exercer une vie professionnelle, de travailler à temps partiel ou de s’arrêter pour un temps en les aidant dans ce choix.  
Faciliter la vie des parents et en particulier des mères qui font le choix ou sont dans l’obligation  d’exercer une activité professionnelle par une gamme d’aides la plus large possible.
  
  Propositions du MMM
Le MMM souhaite donc que soit facilitée la conciliation vie familiale vie professionnelle par un ensemble de dispositions qui touchent aussi bien le code du travail, l’offre de mode de garde, la retraite comme: 
> Le développement et l’inscription dans le code du travail d’un congé maternité comme le prévoit la directive 183 de l’Organisation International du Travail, le minimum étant d’un congé pré natal de 8 semaines et post natal d’au moins 10 semaines et davantage à partir de trois enfants.    
> La mise en place d’un congé rémunéré avec droit au retour à l’emploi pour celles et ceux qui souhaitent s’occuper des enfants en bas âge pendant entre un et trois ans.     
> La mise en place d’un congé rémunéré pour enfant malade, qui permette à l’un des parents de s’arrêter de travailler ou de travailler à temps partiel pour veiller sur un enfant atteint d’une maladie grave.    
> Le développement des modes de gardes ; crèches, assistantes maternelles…Ils doivent être diversifiés afin que chaque parent puisse trouver le mode de garde qui lui convient.
> La prise en charge des enfants dans le système scolaire dès 3 ans.   
> L’octroi d’une aide à la formation continue pour les mères de famille qui se sont arrêtées de travailler pendant x années et un stage d’aide de retour à l’emploi.    
> L’adoption de  mesures fiscales, rétablissant l’égalité entre les familles avec enfants et les couples ou personnes sans enfants.  
> La prise en compte des charges familiales dans le calcul des droits à la retraite et l’ouverture de droits spécifiques pour les parents au foyer. L’ouverture de droits spécifiques pour les femmes ou les hommes qui ont assumé la charge de parents âgés, malades ou handicapés ou d’enfants handicapés ou malades.  

Le MMM se réjouit de la parution du livre vert  qui révèle la détermination de l’Union Européenne à  affronter le problème et qui préconise des solutions qui rejoignent celles proposées ci-dessus.
 
 

 

 

Conciliation vie familiale et professionnelle en France

Quelques chiffres :
Le taux de fécondité est de 1.9, le deuxième en Europe après l’Irlande.1 femme sur 10 n’a jamais d’enfants, (c’est un taux très bas), 1 sur 10 en a 4 ou plus,
 4 femmes sur 10 en ont 2
Lorsque l’on demande aux français combien idéalement ils voudraient avoir d’enfants, ils répondent 3.L’âge de la première grossesse : 29 ans Les femmes représentent 47 % de la population active. 84 % des femmes qui ont un enfant travaillent. 80% de celles qui ont deux enfants. 60% de celles qui ont trois enfants. 2.5 millions de femmes au foyer. Les femmes assurent 70 % des tâches domestiques . La politique familiale en France s’est construite autour du principe légitime de compensation des charges de familles, attribuée sous forme de prestations familiales accordée pour une part à toutes les familles en fonction du nombre de leurs enfants  et pour l’autre part aux familles les plus modestes. Ce n’est que progressivement qu’elle s’est aussi orientée vers l’offre de services.

L’aide à la petite enfance: une priorité en matière de conciliation
> Le congé maternité : un droit acquis. Pour le premier et le second enfant, le congé est de 6 semaines avant la naissance et de 10 semaines après.
A partir du troisième enfant il atteint quatre mois après la naissance. Il est bien sûr rémunéré en fonction du salaire si la mère travaillait avant sa grossesse.
>  Une Prestation d’Accueil du jeune Enfant
Elle comprend une allocation de base calculée en fonction des revenus et du nombre d’enfant (donc elle n’est pas versée à tout le monde) et un  volet « Complément de Libre Choix d’activité ou Libre choix du mode garde»
Deux cas de figure :
 l’un des parents s’arrête de travailler il reçoit ce complément de 340 à 500 euros par mois environ pendant six mois pour le premier enfant, et pendant trois ans pour chaque enfant suivant. Ce montant est dégressif si le parent reprend un travail à temps partiel mais il peut toucher une aide à la garde de l’enfant.
Les deux parents continuent de travailler et perçoivent alors une aide à la garde d’enfant. Elle est calculée en fonction du coût du mode  garde et des ressources des parents : de 150 à 350 euros.
Pour un enfant de trois à six ans,   le complément mode de garde est de moitié.
Il faut ajouter à ce dispositif des mesures fiscales car l’emploi d’une personne à domicile peut être déduit de ses impôts jusqu’à un certain montant.  
50% des charges sociales pour l’emploi d’une garde à domicile ou 100% des charges sociales pour une assistante maternelle agréée.
Une prestation spécifique est aussi accordée pour le parent demandeur d’emploi qui recherche du travail afin qu’il puisse faire garder son enfant à temps partiel.
> De 3 mois à 3 ans il existe de multiples modes de garde (pour les enfants non scolarisés).
A la maison
Le premier mode de garde reste la garde par les parents, 44 % des enfants, ou des proches, comme les grandes parents (10%)
A l’extérieur
Parmi les modes de garde non parental il en existe plusieurs types qui sont aidés par l’Etat d’une manière directe ou grâce à des déductions d’impôt.    
Le mode de garde le plus important et le plus apprécié par les parents est l’assistante maternelle agréée, 23 % des enfants. Ces personnes reçoivent une sorte d’autorisation des autorités départementales et une formation. D’autres sont indépendantes et   souvent ne sont pas déclarées.
 Le deuxième mode de garde est la crèche (17 % des enfants). Elle peut être municipale, d’entreprise, parentale (les parents assurent à tour de rôle la garde des enfants avec l’aide de professionnels) ou encore familiale (l’enfant est gardé chez une assistante maternelle mais bénéficie aussi de la structure collective de  la crèche une à plusieurs fois par semaine).
Il existe aussi, pour les parents qui ne travaillent pas, des haltes garderies où ils peuvent déposer leur enfant une à plusieurs demi-journées par semaine.
Le dernier mode de garde est la garde à domicile par une employée (3% des enfants)
L’Etat et les collectivités ont beaucoup développé ces dernières années l’offre de mode de garde et les entreprises y participent également depuis quelques années.  Cette offre reste pourtant encore insuffisante : soit elle ne correspond pas aux vœux des parents en terme d’horaires ou de choix du mode de garde, soit les places manquent sur une partie du territoire. Un nouveau problème se pose, l’insuffisance de personnel qualifié pour occuper les places d’assistantes maternelles à domicile ou en crèche.

La voie suédoise
De récents rapports suggèrent de s’orienter vers le congé à la suédoise. Il s’agir en quelques sorte plutôt que de proposer aux mères un congé de trois ans mal rémunéré et qui donc n’intéresse pas les personnes ayant un salaire moyen ou élevé, un congé d’un an mieux rémunéré. L’avantage est qu’il permet une plus grande présence auprès du tout petit mais n’éloigne pas trop les femmes du marché du travail (la hantise de certains courants féministes et intellectuels en France qui jugent que le congé de trois ans est un piège)

> L’aide à la conciliation continue au-delà des trois ans de l’enfant:
 L’école

En France l’école publique est gratuite et accueille les enfants dès 3 ans (ils sont plus de 90 % à être scolarisés à cet âge) et même dès deux ans, notamment dans les quartiers en difficultés.
Un accueil périscolaire est également prévu avant et après les horaires de classe, le mercredi (jour non travaillé en général) et pendant les vacances.
Le congé pour Enfant malade
Ce congé peut être pris à temps plein ou à temps partiel, pour une période de quatre mois, renouvelable deux fois. Vous pouvez bénéficier du congé de présence parentale pour vous occuper l’enfant à charge doit être gravement malade, handicapé ou accidenté. 
Son état doit nécessiter la présence d'une personne à ses cotés. 

Le temps de travail, outil de la conciliation
> La réduction du temps de travail en France
Si la loi Aubry (1998) sur l’aménagement et la réduction du temps de travail à 35h par semaine, n’avait pas pour objectif de faciliter la conciliation des temps mais de favoriser l’emploi, elle n’en est pas moins une initiative importante en matière de conciliation, 60 % des parents de jeunes enfants déclarent que la réduction du temps de travail leur a permis de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle et de consacrer davantage de temps à leurs enfants. Toutefois c’est davantage vrai pour les femmes cadres que pour- les ouvrières et employés. Cette loi a aussi contribué à rééquilibrer le temps consacré par les pères aux enfants.
Par ailleurs il existe des dispositifs en matière de droit du travail pour faciliter le travail à temps partiel choisi
31% des femmes actives travaillent à temps partiel, pour 2/3 il est choisi et 1/3 imposé.
> L’aide au retour à l’emploi
Il existe une aide à la formation pour les mères qui se sont arrêtées de travailler et qui veulent retravailler.